IMPLOR est mon premier parfum vraiment abouti. C’est celui que j'ai construit dans les règles de l’art, avec une structure claire : un départ, un cœur, un fond qui tient sur la peau. C'est l'équilibre fragile entre la tenue et le sillage. Ce n'était plus un essai, mais une composition pensée.
Pourtant, cette rigueur technique n'est née que d'une totale liberté. À ce moment-là, je ne créais que pour moi. Sans pression, sans marché, sans regard extérieur. Il fallait que ça me plaise à moi, uniquement. C’est précisément pour cette raison que j’ai osé.
J’ai associé des notes qui, sur le papier, ne devaient pas forcément cohabiter : un néroli vif et lumineux heurté par des épices mordantes ; un sucre glace poudré, presque trop innocent, rattrapé par des résines chaudes qui épaississent l’air ; et enfin, une vanille ambrée, benjoin, qui fond lentement.
C’était contrasté. Excessif, sans doute. À vrai dire, IMPLOR a ses défauts. Il est déséquilibré, il penche d'un côté, il a les aspérités de son audace. Mais bizarrement, ce déséquilibre vibre. C’est là que réside sa magie : dans cette faille poétique qui le rend vivant. Il est trop clair, puis trop doux, puis trop sombre, mais je n’avais rien à prouver ; je voulais simplement être touché.
Contre toute attente, les retours ont été immédiats, spontanés et enthousiastes. Je l’ai gardé jalousement pendant des mois ; il était mon secret. Jusqu’à ce qu’un inconnu me supplie de le lui céder. À cet instant, IMPLOR a pris son nom.. et il a commencé à ne plus m’appartenir.
Aujourd’hui, je cesse de le garder pour moi seul. Je le laisse partir pour qu’il aille enfin s’exprimer sur d’autres peaux que la mienne.
Belgacem TITRI Fondateur & Créateur pour Aubaine Créations